IA dans le notariat : le CSN a posé le cadre, voici ce que ça change concrètement pour votre office
En décembre 2025, l’IEJ du Conseil supérieur du notariat a publié son guide pratique sur l’IA à l’attention des notaires. Quarante-cinq pages rédigées par des juristes notaires, à partir du Règlement IA européen et de la déontologie de la profession. C’est le premier cadre officiel que la profession se donne sur ce sujet.
Chez Intellig’IA, nous l’avons relu chapitre par chapitre. Non pour y chercher des points de vulnérabilité. Mais parce que ce guide décrit précisément le problème que nous avons résolu en concevant nos outils.
Trois principes que le guide grave dans le marbre
Le guide s’ouvre sur un « rappel préliminaire ». Ce n’est pas un simple avertissement de forme. En réalité, c’est la boussole à partir de laquelle toute décision d’intégration de l’IA doit être prise dans un office notarial.
Premier principe : le secret professionnel est général et absolu.
L’article 8 du Code de déontologie est sans ambiguïté : « le notaire et toute personne placée sous son autorité sont tenus au secret professionnel. » Ce secret s’applique sans exception. Il couvre également les prestataires technologiques mandatés par l’office.
Or, le guide le souligne clairement : « l’usage d’outils d’IA peut fréquemment impliquer la transmission d’informations à un tiers. » Cela constitue une violation potentielle du secret. La mise en garde vise directement les IA généralistes. ChatGPT indique d’ailleurs à l’ouverture : « Don’t share sensitive information. »
Deuxième principe : la responsabilité de l’acte reste intégralement celle du notaire.
Dans le guide, l’IA est qualifiée de « simple outil ». Elle n’est en aucun cas un co-auteur. Par conséquent, le notaire « demeure seul auteur et seul responsable de l’accomplissement de ses missions ». Aucune délégation n’est possible. Aucune exonération non plus.
Troisième principe : les données personnelles sont soumises au RGPD.
En matière de protection des données, le guide est tout aussi direct. Il insiste sur la nécessité de respecter le RGPD dans toute utilisation de l’IA. À ce titre, il cite expressément l’intérêt des solutions françaises « en matière de souveraineté, de sécurité et de conformité au RGPD ». Autrement dit, la localisation des serveurs n’est pas un détail technique : c’est une exigence déontologique.
Pourquoi les IA généralistes ne peuvent pas être la réponse
Le guide consacre plusieurs pages à ce qu’il nomme « l’obligation de maîtrise de l’IA par les utilisateurs ». Cette obligation découle du Règlement IA européen (2024/1689). En vertu de ce texte, le déployeur d’un système d’IA doit en assurer la maîtrise effective.
L’hallucination : un risque documenté par la jurisprudence
Pour illustrer les risques, les auteurs du guide choisissent un exemple saisissant. Ainsi, questionné sur une règle de droit notarial, ChatGPT produit une réponse plausible — mais fausse. Il cite un article du Code de commerce qui ne contient pas ce qu’il prétend y trouver. Pire encore, quand on le corrige, il reconnaît volontiers son erreur.
Par ailleurs, le guide recense plusieurs décisions judiciaires américaines. Notamment, dans l’affaire Mata v. Avianca (S.D.N.Y., 2023), deux avocats ont été sanctionnés pour avoir cité six jurisprudences inexistantes générées par une IA. Des cas similaires ont été documentés en 2024 et 2025. Dès lors, le risque n’est pas théorique. Il est documenté, sanctionné, et transposable à la pratique notariale.
Une limite structurelle, pas conjoncturelle
La faiblesse des IA généralistes ne tient pas à leur version ni à leur éditeur. Elle est structurelle. En effet, une IA générative ne comprend pas le sens des mots qu’elle manipule. Elle produit des associations statistiques de termes.
Appliquée à des dossiers notariaux, elle cumule donc deux problèmes distincts. D’un côté, une fiabilité juridique non garantie sur le fond. De l’autre, un transfert de données vers des infrastructures hors du contrôle de l’office.
C’est pourquoi le guide recommande explicitement les architectures RAG — Retrieval-Augmented Generation. Contrairement à une IA générative classique, un système RAG interroge d’abord une base documentaire locale. Il produit ensuite une réponse ancrée dans des documents réels et vérifiables. Les données restent ainsi dans un périmètre maîtrisé.
Ce qu’une IA « privative » implique concrètement
Le guide emploie l’expression « IA privative » pour désigner les solutions qui permettent un usage de l’IA respectueux du secret professionnel. Concrètement, ces systèmes procèdent, « de manière locale, à une anonymisation des documents que l’IA aura ensuite à traiter ». Ainsi, aucune transmission vers des serveurs externes n’a lieu.
Une architecture pensée pour la profession
Chez Intellig’IA, cette exigence est le fondement de notre architecture. Non parce que le guide existait — il n’existait pas encore quand nous avons commencé à travailler. Mais parce que nos clients nous l’ont appris dès le départ. Notaires, promoteurs, géomètres-experts : tous manipulent des informations confidentielles au quotidien.
En effet, un acte notarié engage des patrimoines, des identités, des transmissions familiales. Par conséquent, la confiance ne se décrète pas. Elle se gagne avec des garanties concrètes, pas avec des déclarations d’intention.
◆ Architecture de sécurité Intellig’IA :
– Hébergement physique en France : serveurs dédiés, données non partagées, aucun accès par des tiers.
– Chiffrement des données au repos et en transit (AES-256, TLS 1.3).
– Audits de sécurité réguliers : tests d’intrusion, revue de code, évaluation de conformité.
– IA propriétaire : aucune donnée client n’alimente un modèle tiers (ChatGPT, Mistral AI, etc.). Aucun entraînement externe. Aucune sortie de données hors périmètre.
– Architecture RAG : chaque information extraite est tracée jusqu’à sa source dans le document d’origine. La sortie est toujours vérifiable.
Dans la pratique d’un office, ce que ça change
Le guide distingue deux types de tâches. D’un côté, les tâches de « gain de temps » : courriers simples, organisation d’agendas, premiers courriels de contact. Pour celles-ci, une IA généraliste peut certes suffire. En revanche, il ne faut jamais y introduire d’informations confidentielles sur les clients ou les dossiers.
De l’autre côté, les tâches de « gain de qualité » : analyse documentaire, vérification d’actes, croisement de registres. Pour ces tâches, le guide est explicite. Toutefois, seule une IA métier, déployée dans un environnement sécurisé, répond aux exigences déontologiques et légales. C’est précisément l’espace dans lequel Intellig’IA opère.
Analyse documentaire complexe
Nos outils interviennent notamment sur les documents les plus exigeants : états hypothécaires manuscrits, Data Room de transaction immobilière, actes multi-générations. L’IA classe, reconnaît, croise et alerte. Elle recense sans omission les inscriptions hypothécaires. Elle détecte les incohérences entre documents. Elle identifie les dates critiques. Ensuite, le notaire valide et décide.
Ainsi, ce que le guide appelle « contrôle de sécurisation de la rédaction » devient une réalité opérationnelle, sans alourdir le travail du collaborateur.
Vérification avant signature
De plus, le guide mentionne trois contrôles que l’IA peut effectuer avant la signature d’un acte. Premièrement, le contrôle de compatibilité des clauses : détection des incohérences internes. Deuxièmement, le signalement des clauses non conformes à une évolution réglementaire récente. Troisièmement, le croisement des éléments d’un dossier pour détecter des anomalies TRACFIN. Ces trois fonctions correspondent directement aux modules développés par Intellig’IA.
Dans les deux cas, la logique est identique. L’IA prend en charge la partie la plus fastidieuse : l’analyse exhaustive de volumes documentaires importants. Elle restitue ensuite un résultat traçable, ancré dans les pièces du dossier. Puis le notaire contrôle, valide, signe. La responsabilité reste, enfin, là où elle doit être.
Par ailleurs, le passage à une IA métier souveraine ne suppose pas une refonte de vos processus. En outre, Intellig’IA s’intègre dans vos flux existants. Aucun export de données. Aucun abonnement à un service cloud américain. C’est donc la réponse que le guide de l’IEJ appelait implicitement.
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Sources : IEJ du Conseil supérieur du notariat, « Introduction à l’intelligence artificielle à l’attention des notaires », décembre 2025 – https://lnkd.in/eXmxZybx | Règlement (UE) 2024/1689 du 13 juin 2024 (AI Act) | Règlement (UE) 2016/679 (RGPD).




